Le rideau est tombé. La dernière séquence de l’une des plus grandes figures du cinéma africain s’est jouée ce samedi 27 juin 2026 à Nindjé, dans la commune de Ndom, département de la Sanaga-Maritime. C’est sur cette terre qui l’a vu naître qu’Émile Bassek ba Kobhio, réalisateur de renom, scénariste, producteur et infatigable promoteur des industries culturelles, a été conduit vers sa dernière demeure, sous les hommages d’une nation reconnaissante.
Dans une atmosphère empreinte de recueillement et d’émotion, le village natal du fondateur et Délégué général du Festival Écrans Noirs s’est transformé en une immense scène mémorielle où se sont mêlés chants traditionnels, prières, témoignages et évocations de l’œuvre monumentale laissée par cet artisan du septième art. Parents, proches, artistes, cinéastes, intellectuels, autorités administratives, traditionnelles et religieuses, ainsi qu’une foule d’anonymes, ont accompagné celui qui aura consacré sa vie à raconter l’Afrique par l’image.

Mandaté pour représenter personnellement le Président de la République, le ministre des Arts et de la Culture, Ismaël Bidoung Kpwatt, a pris part aux cérémonies d’inhumation aux côtés de plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, et le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Jean de Dieu Momo. Une présence institutionnelle qui traduit la reconnaissance de l’État envers un homme dont l’héritage dépasse largement les frontières du Cameroun.
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Visionnaire, Émile Bassek ba Kobhio a fait du cinéma un puissant instrument de dialogue interculturel, de transmission de la mémoire et de valorisation des identités africaines. Grâce au Festival Écrans Noirs, il a offert pendant près de trois décennies une vitrine incontournable aux créateurs du continent, contribuant à l’émergence de générations entières de cinéastes et à l’affirmation du cinéma africain sur la scène internationale.
Au fil des hommages, chacun a salué un bâtisseur, un passeur de savoirs, un homme de convictions dont les œuvres continueront d’inspirer les créateurs d’aujourd’hui et de demain. Son départ laisse un vide immense dans le paysage culturel, mais son héritage artistique demeure une source intarissable pour le patrimoine cinématographique africain.
En rejoignant la terre de ses ancêtres, Émile Bassek ba Kobhio referme le dernier chapitre de son existence. Mais comme les grands maîtres du cinéma, il laisse derrière lui une filmographie, une vision et une œuvre qui défieront le temps. Car si l’homme s’en est allé, son regard continuera longtemps encore d’éclairer les écrans et les consciences.
WILFRIED NGOMSEU







