Il l’a fait. Le rappeur camerounais Killamel, de son vrai nom Ndoumbe Armel, vient d’inscrire le Cameroun au palmarès du Guinness World Records. Du 2 au 6 septembre 2026, au Freestyle Villette à Paris, il a pris part au marathon fou des 100 Heures de Rap Non-Stop, un relais continu de freestyle où près de 350 rappeurs du monde entier se sont succédé sans jamais couper le micro pour battre le record du monde. Au bout des 100 heures, tous ont été certifiés. Le Sawa en fait partie, le 237 était à l’intérieur.
Organisé du 2 au 6 septembre 2026 au Freestyle Villette à Paris, le marathon des 100 heures de rap non-stop avait pour objectif de battre le record du monde du plus long relais de rap freestyle. Le principe : 100 créneaux d’une heure de freestyle, en continu et sans interruption, assurés par des artistes issus de plusieurs générations et horizons.

L’événement porté par Pauline Raignault, déjà à l’origine des 50 heures de rap non-stop en 2011, visait une homologation officielle par le Guinness World Records. Au total, près de 350 rappeurs se sont succédé sur 4 jours et 4 heures pour valider le record.
Killamel : Le Cameroun était de la partie
Connu pour ses projets Vert-Rouge-Jaune dans le Noir (2008), Kova Nova (2012), Game Kova (2022) et plus récemment l’EP Ndumbe (2025), Killamel, de son vrai nom Ndoumbe Armel, s’est construit une place singulière dans le rap camerounais. Son travail mêle rap, références culturelles sawa et identité duala.
Pour le rappeur camerounais, cette participation rappelle la capacité des artistes camerounais à s’inscrire dans des rendez-vous internationaux et à porter leur art au-delà des frontières.
À l’issue du marathon, chaque participant, dont Killamel, a reçu un certificat officiel attestant de la réussite du relais géant le 6 septembre 2026 à Paris. Un exploit qui constitue une nouvelle vitrine pour le rap camerounais.
Qui est Killamel?
Killamel passe son enfance à Akwa-Nord, dans le 1er arrondissement de Douala. Il fait ses études maternelles et primaires à l’École Catholique Saint Gérard de Deido, puis entame ses études secondaires au Collège Libermann, dont il sera exclu en classe de 5e. Il poursuit sa scolarité pendant trois ans en internat où il obtient son BEPC et découvre le rap. Après son baccalauréat obtenu en 2005, il se lance dans une carrière artistique.
En 2007, il crée son label KOV Rekordz, qui compte notamment le beatmaker A.N.G. Son premier album, Vert-Rouge-Jaune dans le Noir, 14 titres, sort le 27 novembre 2008. On y retrouve les titres Killintro et Dernier Banc, devenu l’un des refrains les plus connus du hip-hop camerounais. En mai 2012, il sort son second album, Kova Nova, également de 14 titres, avec notamment le titre Bien ou Bien Remix en featuring avec Krotal, Duc-Z, Jack Napier, Sir Nostra et A.N.G.

Diplômé en comptabilité et gestion, il enchaîne entre 2012 et 2018 concerts et titres inédits, en solo et en collaboration. Son troisième album Killaculum Vitae, annoncé en 2019, n’a pas encore vu le jour, mais l’artiste est aperçu en studio aux côtés de l’auteur-compositeur et arrangeur Toto Guillaume, laissant entrevoir une évolution musicale.
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Cette évolution se confirme en juin 2022 avec la sortie de l’EP Game Kova, 7 titres, où il explore de nouvelles facettes, entre couplets en langue duala sur Njoh et reprise d’un classique makossa de Tom Yom’s sur O S’ala. Le 30 avril 2025, il revient avec Ndumbe, un second EP de 6 titres. Sur la pochette, il rend hommage au Roi Bell Ndumbe Lobe, figure historique du XIXe siècle, dont il reprend un cliché de 1874. Le projet propose un trait d’union entre ancestralité et modernité, avec des sonorités fraîches et un positionnement intergénérationnel assumé.
Au-delà du papier et du record, c’est le message qui compte : le rap camerounais n’est plus à la porte, il est à l’intérieur. Il a sa place dans les grandes messes internationales, sans avoir à diluer son identité et son histoire.
Killamel n’a pas juste fait une heure de freestyle. Il a ouvert une brèche. Et pour le Game camer, ce n’est pas une fin, c’est un début.
Japhet Mbakop Tchagha







