Pour la 83ᵉ édition de l’événement cinématographique le plus ancien du monde, le Cameroun fait partie des pays participants avec le seul long métrage d’Afrique subsaharienne de la sélection officielle, le film « La Maison du vent » du réalisateur franco-camerounais Auguste Bernard Kouemo Yanghu.
En compétition dans la section Orizzonti « Horizons » en français, le film s’inspire de la vie de la propre mère du réalisateur, Josette Kwanya. C’est elle qui tient le rôle principal, sans être actrice professionnelle. Ses enfants ayant émigré en Occident, elle les encourage sans relâche à faire bâtir des maisons au pays dans l’espoir de susciter leur retour. Cependant, l’arrivée imprévue de Sarah, incarnée par Edwige Tatiana Moudjeu Pouadeu, une jeune voisine du quartier, vient bouleverser sa routine et ses certitudes. Entre ces deux femmes naît une relation inattendue qui remet en question l’équilibre fragile d’une mère suspendue à l’attente de ses proches.

Le film lui est dédié car elle est décédée en 2024 après le tournage
Coproduit par Horizons d’Afrique (Cameroun), Merveille Production (Bénin), Mansarde Cinéma (France), Steel Fish Pictures (Belgique), avec le soutien du Red Sea Fund et du Doha Film Institute (DFI), La Maison du Vent plonge le téléspectateur au cœur du quotidien intime et vibrant de Yaoundé pendant 103 minutes.
En inscrivant son récit intimiste au cœur de la compétition italienne, Auguste Bernard Kouemo Yanghu apporte la preuve que les histoires ancrées dans les réalités locales africaines continuent de toucher un public universel et c’est depuis des années qu’il souhaite partager cette vision.
Ce succès international est l’aboutissement d’un parcours de plus de vingt ans
Auguste Bernard Kouemo Yanghu débute son cheminement au Cameroun dans les années 1990 en cofondant le Cercle des Jeunes Cinéastes Amateurs avant d’intégrer les classes de formation d’Écrans Noirs. Il poursuit ensuite ses études en France, diplômé de l’École supérieure de l’audiovisuel de Toulouse (ENSAV) et titulaire d’un Master 2 Recherche en études cinématographiques à l’université de Lille. Scénariste, consultant et pédagogue passionné par la transmission, le cinéaste s’est d’abord distingué avec des courts-métrages acclamés comme «Waramutsého !», récompensé notamment au FESPACO et au festival d’Amiens.

Personnellement concerné par l’histoire, ce film est le symbole de la renaissance historique du cinéma camerounais et une reprise du flambeau sur le lido de Venise après 51 ans d’existence.
En 1975, Jean-Pierre Dikongué Pipa inscrivait déjà le cinéma d’Afrique centrale au panthéon mondial du septième art avec « Muna Moto ». Plus d’un demi-siècle plus tard, Auguste Bernard Kouemo Yanghu reprend le flambeau. Avec ce tout premier long-métrage, le cinéaste camerounais « réactive une filiation intergénérationnelle essentielle ». Sélectionné dans la section Orizzonti, vitrine réservée aux écritures cinématographiques innovantes et audacieuses, « La Maison du Vent » porte haut les couleurs d’une cinématographie nationale en plein renouveau.
L’événement qui a débuté le 2 septembre rendra son verdict le 12 septembre 2026.
Manu NKAMA






