Elle a combattu jusqu’à la dernière seconde. À Guayaquil, en Équateur, Valérie Tombou a écrit une nouvelle page de son jeune parcours international en décrochant la médaille d’argent des championnats du monde cadets dans la catégorie des -70 kg. Une performance majuscule pour la jeune judokate belge d’origine camerounaise, native du département de la Menoua, qui continue de s’imposer parmi les grands espoirs du judo.
Exemptée du premier tour, la représentante du JC 2 Haine a parfaitement négocié son entrée en lice en huitièmes de finale face à la Brésilienne Maria Resende. Patiente dans la construction de son kumikata, Valérie Tombou trouve l’ouverture à 1 minute 20 du terme pour inscrire un yuko et conserver son avantage jusqu’au bout.

En quarts de finale, changement de rythme. Face à la Mexicaine Ariadna Yarey Chavez Medina, la Belge impose davantage son judo. Après 2 minutes 30 de combat, elle conclut sur une immobilisation et s’offre un ippon, synonyme de qualification pour le dernier carré.
La confiance est désormais installée. Elle qui venait de décrocher le bronze à l’European Cup de Skopje au début du mois d’août poursuit sa dynamique. En demi-finale, la Japonaise Momoka Takeda se dresse sur son chemin. Tombou démarre tambour battant, enchaîne les attaques et profite de ses contre-attaques pour prendre l’ascendant.
Deux premières actions lui permettent de faire la différence avant qu’un waza-ari ne vienne définitivement sceller son billet pour la finale mondiale. Une prestation construite autour de la lecture du combat, du timing et de la capacité à exploiter les déséquilibres adverses.
En finale, le niveau monte encore d’un cran. Face à elle : Clarisse Vallim, championne du monde en titre et numéro 1 mondiale de la catégorie. La Brésilienne impose un combat extrêmement tactique. Tombou est sanctionnée à deux reprises durant le temps réglementaire, mais refuse de céder.

Le combat bascule alors dans le golden score. Près de trois minutes supplémentaires d’une bataille intense où chaque prise de garde, chaque déplacement et chaque tentative d’attaque peuvent faire basculer le titre mondial.
La délivrance ne viendra finalement pas pour la jeune Belge. Un troisième shido, synonyme de hansoku-make par accumulation de pénalités dans ce contexte, met fin à son parcours. Clarisse Vallim conserve son titre, tandis que Valérie Tombou quitte le tatami avec une magnifique médaille d’argent mondiale.
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Mais derrière cette défaite en finale se dessine surtout une trajectoire prometteuse. À seulement quelques années du plus haut niveau senior, Valérie accumule déjà les expériences et les podiums internationaux. Après son bronze européen plus tôt dans l’année et son podium à Skopje, cette nouvelle médaille confirme son potentiel.
Et derrière le drapeau belge qu’elle défend avec talent, il y a aussi une histoire profondément attachée au Cameroun. Native de la Menoua et d’origine camerounaise, Valérie Tombou porte dans son parcours les couleurs de ses deux univers. La Belgique lui offre aujourd’hui le cadre dans lequel elle construit son avenir sportif, mais ses racines camerounaises restent une part assumée de son identité.
À Guayaquil, elle n’a pas décroché l’or. Elle a cependant gagné bien plus qu’une médaille : de l’expérience, de la confiance et une nouvelle preuve qu’elle peut rivaliser avec les meilleures de sa génération.
Le judo belge tient peut-être là l’une de ses futures grandes figures. Et du côté du Cameroun, une jeune fille issue de la Menoua continue de faire rayonner ses origines, combat après combat.
L’argent mondial autour du cou, Valérie Tombou repart de l’Équateur avec une certitude : le sommet est encore loin, mais elle vient déjà d’en franchir une nouvelle étape.
WILFRIED NGOMSEU







